Soupe de patate douce et carotte

Soupe de patate de douce et carotte

À première vue c’est un peu ennuyant comme recette, mais c’était tellement bon qu’il n’en reste plus ce soir pour faire une photo et la mettre sur mon blogue. Ma famille et moi avons tout mangé. Donc, je me suis dis que cette improvisation culinaire représentait une occasion d’activer mon blogue qui dort depuis l’automne dernier.

On espère l’été, mais on nous donne une semaine pluvieuse… J’ai pensé qu’une bonne soupe chaude serait parfaite pour la température. Du «comfort food», comme on dit. Toutefois, si vous n’aimez pas les oignons, ce n’est peut-être pas un bon choix pour vous. Qui sait, laissez-vous tenter!

Ingrédients

  • Une grosse patate douce coupées en dés
  • 2 petites pommes de terre blanches coupées en dés
  • 3 carottes moyennes pelées et coupées en rondelles
  • 1 oignon jaune
  • 1/2 tasse de lait d’amande sans sucre ajouté (ou autre boisson végétale au choix, sans sucre)
  • 1/4 de tasse de levure alimentaire
  • 4 c. à soupe d’huile d’olive
  • 1 c. à soupe de curcuma
  • 1 c. à thé d’ail en poudre
  • 1/2 c. à thé de paprika fumé
  • De l’eau bouillante
  • Sel et poivre au goût

Les ingrédients sont plutôt simples, mais le plaisir gustatif vient avec la préparation.

Préparation

  • Préchauffer le four à 350°F
  • Dans une grande casserole à feu moyen-élevé, faire chauffer 2 cuillère à soupe d’huile d’olive.
  • Pendant que l’huile chauffe, faîtes bouillir environ 1,5 litres d’eau à la bouilloire.
  • Déposer les morceaux de carottes, pommes de terre et patate douce (tous rincés) dans la casserole et faire griller en brassant de temps en temps pendant 3 à 5 minutes, le temps que l’eau soit chaude.
  • Lorsque l’eau est chaude, couvrir les légumes d’eau (vous n’utiliserez pas nécessairement toute l’eau, tout dépend de la quantité de légumes, la grosseur de vos légumes fera varier légèrement la quantité d’eau), baisser le feu à doux et laisser mijoter à couvert pendant 15 minutes.
  • Trancher l’oignon en quartiers et le mettre sur une plaque à cuisson couverte de papier parchemin ou d’un tapis de silicone. Faire couler de l’huile d’olive sur l’oignon et l’enfourner sur la grille du centre pendant 10 à 15 minutes jusqu’à ce qu’il soit bien grillé.
  • Quand l’oignon est bien grillé (avec des petits bouts brunis mais pas brûlés), sortez-le du four et ajoutez-le dans la casserole. Laissez mijoter encore 5 minutes.
  • Passer la soupe dans un bon mixeur ou bien utiliser un pied mélanger ou un bon robot culinaire pour en faire une texture lisse. Ajoutez la levure alimentaire au fur et à mesure que vous broyez le mélange si vous ne pouvez pas l’incorporée en une seule fois dans votre mixeur. Ajoutez aussi sel, poivre, paprika fumé, ail en poudre et curcuma à cette étape.
  • Si vous avez mélangé la soupe en plusieurs étapes, versez-la dans une casserole pour la réchauffer et bien la mélanger. Ajoutez le lait d’amande à cette étape. Si vous avez un mixeur à grande capacité, ajoutez directement le lait d’amande à l’étape précédente dans toute la soupe.

J’ai servi la soupe avec des craquelins. J’ai pensé après que j’aurais pu la servir avec des craquelins mais en plus le savoureux houmous aux betteraves que j’avais dans le réfrigérateur… Des petites idées pour vous.

Je vous dis bon appétit et n’hésitez pas à me laisser vos commentaires!

 

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Sortir de ma peau

Sortir de ma peau

Je me rappelle avoir étudié au secondaire l’histoire médiévale. J’avais été marquée par cette image de culotte en métal pour empêcher les gens d’avoir des relations sexuelles. En ce moment, c’est un des meilleurs exemples auquel je peux penser pour décrire ma situation. Quand j’ai mes règles, on dirait que je porte une culotte comme celle-là.

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Sauf qu’elle est brûlante et la chaleur passe au travers de ma peau. L’inconfort s’installe. Peu importe comment je m’assois, je me couche, j’ai mal. Si vous allez voir les sites Internet sur l’Endométriose, partout ils écrivent quelque chose comme: «Un changement dans les habitudes de vie peut aider significativement à diminuer les douleurs. Parlez avec un nutritionniste et mangez plus sainement et faîtes de l’activité physique. »

Tout d’abord, je tiens à mentionner que je mange très bien. Dans mon alimentation j’ai cherché l’équilibre et je me permets le morceau de gâteau au chocolat à la vanille avec du caramel quand j’en ai envie. Une petite part que je savoure et apprécie. Les légumes, les fruits et les céréales complètes composent la majorité de mon alimentation alors est-ce qu’on peut dire que ce dossier-là est réglé?

Ensuite, je ne veux pas jouer les rabat-joie mais est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comment je peux faire du sport régulièrement quand la moitié de chaque mois j’ai de la difficulté à simplement marcher pour me rendre à mon travail sans souffrir à en avoir envie de pleurer? Vendredi dernier, j’ai réussi à grimper deux voies et demi à l’escalade et fait un cours de yoga de 1 heure et 15 minutes. Pour moi, cette soirée était un miracle. Quand je suis rentrée chez moi, je pleurais de joie d’avoir réussi à bouger autant. Dans les dernières semaines, j’avais réussi à faire trois fois un 20 minutes de yoga sans ressentir trop de douleur.

À la mi-septembre, j’ai été hospitalisée après m’être retrouvée aux urgences car je n’arrivais plus à marcher tellement j’avais mal. Ma douleur était tellement forte qu’on m’a donné de la morphine. Je l’ai prise sans rien dire je voulais juste me sentir bien.

Tout ce que je veux c’est me sentir bien.

Je veux retourner dans les cours d’acroyoga et de yoga. Je veux recommencer à courir, je veux reprendre l’escalade de manière régulière. J’ai aussi envie d’essayer plusieurs autres activités. J’aimerais faire de la danse hip hop. Je m’ennuie de faire des randonnées dans les montagnes et de sentir la forêt…

Ces temps-ci, j’ai plus que jamais envie de sortir de ma peau. Je m’y sens prisonnière. Lorsque j’étais obèse, j’ai fait le choix de changer ma vie. J’ai commencé par l’alimentation puis j’ai progressivement découvert des sports que j’aime. J’étais bien, j’étais fière de moi. Je me sentais accomplie, forte, belle et fonceuse. J’ai perdu le contrôle de ma vie depuis que j’ai l’Endométriose. Je n’ai jamais à ce point été mal dans ma peau. Parfois j’ai des nausées et des étourdissements juste à marcher jusqu’à ma salle de bain pour aller aux toilettes.

C’est qui cette fille dans le miroir qui a pris 5 kilos en deux mois? C’est qui cette fille qui a envie d’arracher son utérus de son ventre pour arrêter de souffrir? Quand j’étais à l’hôpital, j’ai entendu le médecin dire à ma voisine de chambre qui venait de subir une hystérectomie cette belle phrase: « L’opération s’est bien déroulée, on a réussi à sortir l’utérus par le vagin. » J’en ai eu des frissons dans le dos. Ce n’est pas vrai que je ne veux plus d’utérus, je veux juste arrêter d’avoir mal. Je veux redevenir moi.

C’est qui cette fille qui sacre aux trois mots? C’est qui cette fille épuisée qui s’endort partout? C’est qui cette fille qui a du mal à accomplir son travail? C’est qui cette fille qui dépend d’opioïde pour pouvoir fonctionner et diminuer ses douleurs?

Si vous me croisez, j’irai marcher avec vous. Je vais même aussi rire et sourire. J’aurai aussi la blague facile et je raconterai avec légèreté mon hospitalisation et ma prise de morphine. Je vais aussi aller travailler et donner tout ce que je peux donner dans ma situation aux enfants que je rencontre. Quand j’anime, je ne prends pas de médicaments car je ne peux pas être somnolente devant un groupe de jeunes. Je ne veux pas être sous l’effet d’opiacés pendant que je suis avec eux car je crois que ce n’est pas éthique.

Même si j’ai envie de creuser mon ventre avec mes ongles pour arracher ma peau et arrêter d’avoir mal, ma vie continue. Je ne suis pas juste ma douleur. Je me sens bien quand je médite ou que je fais de la relaxation. J’arrive généralement à dormir malgré les douleurs… L’objet de mon billet je ne peux pas vraiment vous le dire. Je ne voulais pas me plaindre. Je ne voulais pas non plus dire que je suis si forte et résiliente et que tout va se régler en temps et lieu. Est-ce que vouloir me sentir bien dans ma peau est un assez grand motif pour consacrer un billet à mon inconfort?

Je crois que ce que je veux dire c’est que je vais bien. Il ne faudrait pas que vous vous inquiétiez pour moi. Je suis contente d’où je suis dans ma vie et des projets que j’ai. J’ai plus que jamais envie de prendre soin de moi. Je veux me dire oui, tout le temps, me mettre en premier et continuer de m’épanouir.  J’aimerais juste pouvoir titrer mon prochain billet ainsi: Je me sens bien.

Tout ce que je veux c’est me sentir bien.

L’Endométriose versus moi

L’Endométriose versus moi (ou moi versus le monde)

Je ne suis pas #1couplesur6 parce que je n’ai jamais essayé d’avoir un enfant en couple. (car, si vous ne le saviez pas, c’est la réalité au Canada pour un couple sur six de vivre avec un ou les deux partenaires infertiles ou d’avoir besoin d’aider pour procréer) Je ne sais pas si je suis infertile, mais je crois qu’il faut briser le tabou de l’infertilité. J’ai mal au ventre, des douleurs comme je n’en ai jamais eues dans ma vie. Il faut aussi parler de l’Endométriose et informer le monde sur l’existence de ce trouble de santé.

L’Endométriose, c’est une formation de tissus (comme l’endomètre qui est normalement expulsé de notre corps via notre col d’utérus et notre vagin durant nos menstruations) qui libèrent du sang dans le ventre de la personne qui a ce problème de santé. La science ne sait pas pourquoi, mais de l’endomètre se forme à l’extérieur de notre utérus et pendant les règles, cela cause des douleurs légères à intenses selon la quantité de tissus formés.

Les douleurs chroniques associées à l’Endométriose affectent ma vie personnelle, professionnelle et mon humeur. J’ai peur de ne jamais être mère, j’ai peur de ne jamais avoir le choix d’avoir un enfant ou non. Avoir le choix. Arrêtez-vous pour y penser deux secondes. Si vous n’aviez pas le choix, si cette décision vous était imposée, comment réagiriez-vous? J’y pense depuis longtemps. J’ai supporté la cause du programme de procréation médicalement assistée québécois car je crois que la plus belle chose qu’on peut donner au monde c’est un enfant désiré par ses parents et aimé. D’autres diront de bonnes chances d’un humain accompli qui va payer ses taxes et redonner à la société bien plus de talent et d’argent qu’il en a coûté pour le fabriquer.

Une vraie détresse m’habite car je ne suis pas prête à avoir un enfant à tout prix, rapidement, avec quelqu’un que je connais peu, ou bien d’en avoir un seule… Je ne suis pas plus prête à faire le deuil d’être mère. Plus j’attends plus ça risque d’être compliqué.

Je commence à entendre dans mes visites à l’hôpital des termes médicaux que je lisais dans des magazines comme Émotions in vitro, quand je m’informais sur l’infertilité qui touchait un couple d’amis proches de moi. J’étais pleine d’amour et d’empathie pour mes amis et tous ces gens qui désirent de tout leur cœur avoir un enfant car je les comprends. Je désire être mère, au moins une fois, de tout mon cœur, de tout mon être. J’en rêve depuis des années… J’ai toujours su que je voulais des enfants.

Je crois qu’après avoir écrit ce billet, je vais aller relire des articles un peu humoristiques sur toutes les phrases à ne pas dire à des personnes infertiles. Je commence à en entendre, je commence à me sentir concernée. Le problème de l’infertilité, c’est qu’on ne sait pas si on l’est avant d’essayer d’avoir un enfant. Le problème avec l’Endométriose, c’est qu’elle cause l’infertilité chez environ 40% des femmes qui en sont atteintes. Voyez dans quelle zone floue je me trouve en ce moment avec mes peurs et mes espoirs tous confus.

Ce qui est le plus difficile pour moi c’est d’attendre. À ma dernière visite chez le gynécologue, on m’a dit de rappeler en septembre pour avoir un rendez-vous en octobre. Pour moi, c’était comme me faire dire que mes douleurs sont bien peu importantes, que je pouvais bien attendre. J’ai appelé ce matin pour avoir mon rendez-vous en octobre. Je rencontrerai un nouveau médecin spécialiste et peut-être que j’aurai à subir une laparoscopie pour me faire enlever les tissus qui sont apparus en moi autour de mon utérus.

L’Endométriose, c’est comme avoir une hémorragie interne à chaque fois que j’ai mes règles.

L’Endométriose, c’est avoir peur de rencontrer des gars parce que deux semaines par mois je suis un monstre qui ne s’endure pas à cause de ses douleurs. Parce que ce n’est pas si simple d’expliquer à un étranger qu’on a « mal au ventre » pendant nos règles mais que c’est pas juste une petite crampe menstruelle. C’est intime comme sujet de conversation.

L’Endométriose c’est reporter le projet de courir un demi-marathon parce qu’on ne peut pas s’entraîner régulièrement à cause des douleurs. C’est faire moins d’escalade, moins de yoga, moins d’acroyoga et avoir peur de reprendre le poids perdu. Chance dans ma malchance,  les nausées que ça me cause me coupent l’appétit.

Cher lecteur, je t’invite gentiment à t’informer sur cette maladie avant de venir en discuter avec moi. Tu peux aller lire ce site pour en savoir plus. Dans ce que je vis, je n’ai pas besoin de conseils ou de phrases toutes faîtes. J’ai besoin qu’on me demande comment je me sens, comment je vais, quelles émotions je vis, comment on peut m’aider à passer au travers de ces moments difficiles. Soyez à l’écoute des gens qui vous entourent, posez leur des questions. Vous serez plus en mesure de leur offrir ce dont ils ont vraiment besoin de la part de leurs amis. Et je ne parle pas juste pour moi dans cette situation particulière, mais de tous ces petits moments où nos amis nous choisissent comme confident.

Je vous ai tous publiquement et virtuellement choisis comme confidents de mes douleurs et j’espère que je réussirai à vous donner la curiosité de vous informer sur l’Endométriose et l’infertilité. Merci de m’avoir lue.

Tomber pour mieux se relever

Je ne sais pas combien de personne m’ont dit avec un ton condescendant rassurant. « Tu vas voir, quand tu vas finir l’école les choses vont s’arranger, ça va être plus facile financièrement. » Une des phrases que je déteste le plus entendre. Je ne peux dire le nombre de fois que je l’ai entendue: « C’est normal avoir des dettes après l’université, tout le monde passe par là. Arrête de t’en faire avec ça. » (non mais sérieusement qui peut vivre avec insouciance quand ses revenus sont moins élevés que ses dettes, pas moi!) Une dernière que je déteste au point d’avoir besoin d’être attachée et la bouche tapée pour ne pas casser la face de la personne qui la dit : « Tout va bien aller. » Est-ce qu’il y a quelque chose de moins vrai que ça? Je n’ai rien contre les personnes pour qui la vie est un long fleuve tranquille, d’une certaine manière ils sont bien chanceux. En vérité c’est bien rare que la vie soit un long fleuve tranquille.

Je ne suis pas amère ou chargée de regrets concernant mon passé et les moments plus difficiles que j’ai traversés. Faire preuve de résilience et traverser chacune de ces épreuves ont fait de moi qui je suis. Bref, je ne serai pas la première à avoir écrit ce genre de cliché, ni la dernière, mais je le pense vraiment.

Après quelques années de navigation dans la vraie vie d’adulte (université terminé, temps d’avoir un «travail»), je ne sens pas que ma situation s’améliore. Je me sens accablée par le poids de mes dettes d’études. Depuis les trois ans et quelque qui ont suivi la fin de mon bac, j’ai réussi à économiser un gros zéro dollar.  J’ai été au chômage deux fois. Pendant presque 11 mois au total. C’est lourd l’insécurité financière.

Je me suis retrouvée cet été, à cause de circonstances hors de mon contrôle, à payer un loyer très cher seule. Cette situation a eu l’effet d’un coup de brique dans le front. Ça y’est, je n’ai plus rien. Et je n’en peux plus d’avoir rien. Je n’en peux plus de ne pas faire de projets. J’aimerais beaucoup voyager, épargner, décorer mon appartement (même pas les moyens de le faire DIY)… J’en arrive à tenter avec peine d’étirer les sous jusqu’à la prochaine paie.

Si j’ose me « plaindre » publiquement, je dois faire face aux commentaires et critiques. Amenez-les. Comment faire comprendre pourquoi je sors quand même avec mes amis ? Pourquoi vais-je quand même au restaurant ? Pourquoi je m’achète quand même une paire de bottes de pluie. Pourquoi j’achète quand même des biscuits pour mon chien. Pourquoi je me paie le gros pot de végenaise à treize dollars. Pourquoi voudrais-je avoir une vie sociale? Pourquoi voudrais-je manger des aliments de qualité? Après tout, j’ai un budget très serré. Je devrais être capable de faire des sacrifices.

Est-ce que j’ai eu des vacances récemment? J’ai eu mes premières vraies vacances payées pendant lesquelles je me suis permis de voyager un peu en août 2015. La dernière fois que j’avais fait quelque chose de spécial pour des vacances (c’était mes premières vacances depuis la fin du secondaire, j’ai toujours travaillé l’été depuis) avant ça c’était quand j’étais enfant avec ma famille. Je me suis permis d’aller faire du camping dans les cantons de l’est et de visiter un peu cette région du Québec. C’était très agréable. Est-ce qu’avoir des vacances c’est un luxe? Je crois que c’est une nécessité. Si non, pourquoi tout le monde aurait toujours aussi hâte à leurs vacances.

Cette année, je n’ai pas grand chose. Tellement pas grand chose que j’ai décidé d’aller vivre chez mon père. Je ne pourrai pas garder mon chien. Heureusement, ma mère va s’en occuper. C’est une situation temporaire.  Maintenant, je suis plutôt épuisée de lutter au quotidien pour réussir à garder la tête hors de l’eau. J’ai décidé de tomber pour mieux me relever. Je suis consciente de la chance que j’ai de pouvoir aller chez mes parents ainsi. Je saisi ce moment comme une occasion de me réinventer.

Prendre cette décision m’a fait pleurer beaucoup. Je tirais une certaine fierté à m’en sortir à peu près seule pour subvenir à mes besoins. C’est une question de dignité basique. Je suis remplie de gratitude face au soutien que je reçois de ma famille et mes amis dans ce moment d’adversité. Je suis terriblement fatiguée de voir mes projets et espoirs démolis à cause de l’argent.

La chute approche et je dois avouer que j’ai hâte de la vivre. Je vais m’installer chez mon père et sa femme d’ici la fin du mois d’août.

J’ai hâte de sentir la pression s’enlever de mes épaules.

J’ai hâte de respirer librement.

 

Fracasser des barricades intérieures

Dans un de mes premiers articles, l’été dernier, j’ai invité mes lecteurs à « fracasser des barricades et d’escalader les murs qui sont à l’intérieur de vous et de faire aujourd’hui une chose qui vous fait peur, peu importe l’ampleur de cette peur. »

Je me suis invitée moi-même durant les derniers mois à dépasser certaines limites que je continuais de me mettre.

Changer son mode de vie n’a rien d’agréable. Le changement, c’est inconfortable et effrayant. Peu importe la raison qui nous motive à évoluer, il faut garder à l’esprit que la situation va s’améliorer. Lorsqu’on prend une grande décision dans notre vie, c’est rarement pour la rendre pire. J’ai fait beaucoup de chemin dans les dernières années, mais j’ai pensé que je pourrais partager mes nouvelles pensées.

J’ai lu un livre très inspirant de Nicole Bordeleau, L’Art de se réinventer. Je me suis rappelé que chaque jour est un nouveau départ. De plus, j’ai compris que je me mettais encore beaucoup de barrières. Chaque jour, nous avons l’occasion de devenir une meilleure version de nous-mêmes, une meilleure version que celle de la veille. Je crois que la clé est là. Prenez chaque journée comme un nouveau départ, ainsi, vous ne mettrez pas toutes vos pensées sur les moins bonnes journées que vous avez eues.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire qui m’est arrivée il y a trois ans. J’ai essayé de faire un parcours d’arbre en arbres. J’ai fait le premier tiers du parcours en pleurant et en tremblant car j’ai le vertige. Arrivée à un endroit du parcours avec une zone comprenant des prises d’escalades, j’ai bloqué. J’ai demandé de descendre. Je ne pouvais pas continuer. Dans ma tête, je me disais que je ne pourrais jamais supporter mon poids avec mes bras. Je ne suis pas assez forte, c’est trop pour moi!

C’est cette impression qui continuait de m’habiter jusqu’à tout récemment. Ce fort préjugé que l’escalade ce n’est pas fait pour les grosses comme moi. L’image qu’on a de nous-mêmes est tenace.  Je ne suis pas assez en forme pour faire de l’escalade. Je ne me suis pas assez entraînée pour courir plus de 5 kilomètres. Je suis hantée par ce « je ne suis pas capable ». Je fais tout pour m’en défaire, j’ai des bonnes journées et des moins bonnes comme tout le monde.

Pourtant, au début du mois de mai, j’ai décidé de faire le cours de moulinette au centre Zéro Gravité. Je voulais apprendre à assurer en escalade. Quelle drôle d’idée pour une personne qui a le vertige. Un grand changement allait arriver dans ma vie à la fin du mois de mai. Ma petite sœur allait déménager après 4 ans de colocation. Au moment où j’ai fait mon cours, elle était partie en Europe avec un ami et je voulais lui faire la surprise d’aller grimper avec elle à son retour. J’ai voulu me dépasser encore. Je voulais aussi grimper pour passer du temps avec ma sœur à qui je n’allais plus pouvoir dire « bonne nuit, je t’aime » tous les soirs.

J’ai voulu fracasser mes propres préjugés face à moi-même.

J’ai eu la peur de ma vie lorsque j’ai monté pour la première fois sur le mur. J’ai pourtant monté seulement à peine deux mètres. J’étais tellement terrorisée que je n’arrivais pas à me concentrer pour apprendre à assurer après cette première mini-montée. J’avais du mal à respirer convenablement et je tremblais. J’ai pleuré et dit à mon instructeur que j’allais me recentrer pendant la pause et qu’après ça irait.

J’ai réussi à comprendre comme il faut la technique et à passer mon accréditation le lendemain. J’ai aussi fait l’achat d’un ensemble de base pour grimper. J’étais prête à atteindre de nouveaux sommets, autant dans ma tête que dans la réalité. À moi les murs du Zéro Gravité.

La semaine dernière, pour mon anniversaire, je me suis offert ma première course de 12 kilomètres. J’ai arrêté de me trouver des excuses et j’ai osé le faire. J’ai été surprise de réussir cette distance, mais surtout très fière de moi. J’ai fait l’erreur de courir en plein soleil et je me suis déshydratée. Coup de chaleur le jour de mon anniversaire… On apprend de nos erreurs. Avec ce genre de distance, il me faudra courir le soir ou le matin tôt et avoir de l’eau avec moi.

Quelles seront les prochaines barrières que je découvrirai et franchirai, je ne le sais pas encore. Tout ce que je sais c’est que j’avais besoin d’écrire. J’ai passé deux mois sans écrire ici. Voilà, c’est brisé, une nouvelle entrée pour me dépasser.

Pour conclure, je partage la pensée qui est sur mon mur de chambre en ce moment, si elle peut vous inspirer aussi:

« Quand vous êtes dans le doute, osez! » (Robin Sharma)

Galettes mélasse et gingembre

Je dois me confesser, j’ai fait ce printemps un abus de biscuits au gingembre du restaurant Aux Vivres. Ils ont commencé à en vendre à tellement d’endroits où je vais régulièrement que je me suis laissée emportée par la facilité. C’est si rare de trouver des pâtisseries végétaliennes pour apporter.

La raison a repris le dessus ce mois-ci quand j’ai décidé que j’allais me les faire moi-même ces galettes, trêve de paresse. J’ai appelé ma mère et je lui ai demandé la recette familiale de galettes à la mélasse. J’en ai fait ma version végétalienne au gingembre. Je vous la partage ce soir.

Préparation: 15 minutes
Rendement: 40 galettes
Cuisson: 10 minutes20160414_203107

  • 2/3 de tasse d’huile de coco fondue
  • 1 tasse de cassonade non tassée
  • 1 tasse boisson végétale chaude surie (ajouter 1 c. à thé de vinaigre pour faire un babeurre) (Edit: J’ai fait la recette avec de la boisson de soya)
  • 2 bananes en purée (ou l’équivalent d’environ 2/3 à 3/4 de tasse d’une purée de fruit)
  • 2/3 de tasse de mélasse verte
  • 6 cuillères à thé de gingembre frais râpé
  • 4 tasse et 1/2 de farine de blé entier
  • 2 c. à thé de poudre à pâte
  • 2 c. à thé de bicarbonate de soude sans aluminium

Râpé le gingembre. Petite astuce: si vous l’avez congelé avant de le râper, ce sera plus facile.

Dans un grand bol, mélangez à l’aide d’un fouet l’huile de coco, la purée de fruit et la cassonade. Puis rajoutez la boisson végétale chaude et la mélasse.

Dans un autre bol, mélanger la farine avec le bicarbonate de soude et la poudre à lever.

Ajouter le contenu du bol de farine au contenu du bol avec les ingrédients humides environ une tasse à la fois et assurez-vous d’avoir un mélange bien homogène.

Étalez des feuilles de silicone (ou du papier parchemin) sur des plaques à biscuit. Chaque galette contient environ 2 c. à soupe de mélange. Laissez au moins 2,5 cm de distance entre chaque galette.

Cuire dans un four préchauffé à 350°F pendant 9 à 10 minutes.

Laissez refroidir sur une grille à pâtisserie pendant 5-10 minutes avant de manger (si vous en avez la patiente).

Bon appétit! 20160414_203115

Des claques dans la face

Dans les derniers mois, j’ai reçu de la vie des grosses claques dans la face.

La claque la plus forte est que je ne suis pas mère. C’est une constatation assez simpliste si on y pense rapidement. Quand j’étais enfant, je me demandais déjà comment je pourrais appeler mes bébés quand j’allais en avoir. Quand j’avais 16 ans, je voulais avoir une famille de huit, comme ma grand-mère. J’ai changé d’idée assez vite en commençant à avoir des responsabilités financières. Dans les dernières années, j’ai continué à vouloir des enfants, mais j’avais étouffé ce désir. Je ne le laissais pas sortir de moi. J’avais peur de gâcher la relation dans laquelle j’étais si j’en parlais. Puis, deux des mes très bonnes amies ont eu des enfants. Des magnifiques petites filles… Wow!

Il y a aussi cette fois où je suis allée à un mariage avec une de ces amies pour l’aider à prendre soin de ses filles. Son conjoint n’était pas disponible à cause d’un imprévu au travail. J’avais sa plus vieille dans les bras et elle a couché sa tête sur mon épaule. Je me suis sentie envahie d’une vague d’amour fou pour cette petite. Je lui racontais des bêtises sur sa mère et moi et nos folies de jeunesse dans les résidences au secondaire. J’ai eu à la fois le coeur brisé et le coeur rempli d’amour. Je me disais que ce sentiment était si puissant, que ça doit être encore plus fort et incroyable quand c’est notre enfant.

Après cette fin de semaine, je suis rentrée chez moi et j’ai pleuré toute la nuit. J’avais mal. Je n’ai pas d’enfant. Je pensais que dans ma vie, je serais rendue à avoir des enfants à 26 ans. Au secondaire, mes amies disaient que je serais la première à être mère. Je ne suis pas mère. Je ne suis même pas en couple. Je ne veux plus entendre personne me dire « tu es jeune, tu as encore plein de temps ». Ce n’est pas ce dont j’ai besoin. J’ai besoin qu’on entende ma souffrance. Que quelqu’un me prenne dans ses bras en silence pour me consoler.

Peu importe mon âge, la détresse et la tristesse qui m’habitent sont réels. Quand on me répond cette banalité de « tu est jeune, tu as encore plein de temps », je me sens insultée. Comme si parce que j’ai seulement 26 ans mon sentiment n’était pas légitime. Je n’ai pas le droit de me sentir peinée et dévastée de réaliser que je ne suis pas où je croyais être dans la vie. Je caresse un rêve depuis des années et je vois qu’il est loin devant moi, je ne l’entrevois même pas. Je vous crie dans la gueule ce soir, avec beaucoup d’amertume, que j’ai le droit d’être triste. Je suis tannée de vos remarques condescendantes sur mon âge. Si le chapeau te fait mets-le. Je m’excuse aussi de ne pas vous avoir dit directement que j’ai mal, ce n’est pas quelque chose de facile à avouer. Ces émotions sont enrobées d’un sentiment d’échec qui me causait une certaine honte.

L’autre claque ce n’est pas mon célibat, il me dérange moins que ma non maternité. En fait mon célibat ne me dérange pas, je suis bien avec moi. J’ai la chienne. Cette autre claque c’est que je réalise que ça se pourrait que je n’aie jamais d’enfant. Je me dis que je devrais peut-être penser à un plan B. J’ai toujours cru que ma vie tournerait autour d’une famille. C’est le désir que je chéris le plus. Ça se pourrait que ça n’arrive pas et je me trouve un peu naïve d’avoir construit ma vie autour de ça sans penser au reste. La vie ça ne peut pas être juste une famille.

Alors le petit hamster tourne vite en tabarouette dans sa petit roulette. J’ai toujours voulu écrire et être publiée. J’écris, c’est déjà un début. Je caresse de beaux projets en lien avec ma passion pour la cuisine et la saine alimentation. J’aimerais, dans un futur plus ou moins proche, faire une formation professorale pour enseigner le yoga. Ma pratique du yoga a une place de plus en plus importante dans ma vie. Il me faut accorder du temps à ces parties de moi que je tends à négliger. Prendre soin de moi c’est aussi prendre soin de mes rêves. Mon bonheur ne peut pas passer par ce seul souhait d’avoir une famille.

Je ne suis pas en train de renoncer à mon rêve. Je songe simplement à diversifier mon potentiel de bonheur en cultivant les aspects de ma vie qui me rendent heureuse.

Qu’est-ce qui vous rend heureux et que vous pourriez prendre le temps de faire?